LE PANEL
Les scies sauteuses sont peut-être les machines électroportatives dont il existe le plus de modèles différents. La quasi-totalité des fabricants en proposent, et les déclinent communément en plusieurs modèles de diverses puissances dont souvent, à partir du milieu de gamme, une version à poignée étrier et une à poignée champignon. Autant dire que l’exhaustivité est ici plus que jamais impossible. J’ai donc choisi de plafonner les prix aux alentours de 200 €, excluant de fait certaines marques cantonnées au très haut de gamme. J’ai également évité le bas de gamme, trop imprécis et inconfortable à l’usage. La firme Makita, bien que disposant de modèles entrant dans la fourchette de prix retenue, n’a pas répondu à nos sollicitations, laissant la place libre pour une marque que je n’avais jamais testée en électroportatif: Stanley.
Le panel rassemble au final:
- un groupe de quatre machines commercialisées aux alentours de 90 à 100 € : Skil, Stanley,
Black+Decker et Ryobi;
- une aux alentours de 130 € : AEG;
- trois machines aux alentours de 160 € : Bosch gamme verte,
Metabo et Triton;
- deux aux alentours de 200 € : DeWalt et Bosch gamme bleue.
Remarque : quatre d’entre elles sont à poignée champignon : Bosch bleue, DeWalt, Metabo et Triton.
ÉLECTRICITÉ
Les puissances des machines de notre panel, échelonnées de 620 à 780 Watts, sont plutôt élevées (il existe beaucoup de scies sauteuses de moins de 500 W), mais c’est justifié. Il s’agit toutefois des puissances « absorbées », la majorité des constructeurs ne communiquant pas sur la puissance «restituée» (et donc sur le rendement de la machine !). De fait, comme nous le verrons plus loin, les tests pratiques montrent des écarts considérables de capacité entre les machines, manifestement peu liés à la puissance absorbée annoncée. Notons toutefois que les quatre machines à poignée champignon ont toutes une puissance supérieure à 700 Watts. Quatre des machines (Black+Decker, Bosch verte, Ryobi, Skil) ont un câble de longueur inférieure à 3 m : c’est insuffisant, particulièrement chez Black+Decker qui dépasse à peine 2 m ! Chose peu étonnante, ce câble est de moindre qualité pour les machines les plus grand public (Black+Decker, Bosch verte, Ryobi et Skil). À ce prix-là, Bosch (vert) pourrait faire un effort : le câble de la Stanley, beaucoup moins chère, est de meilleure qualité ! La Triton est équipée de la prise mixte anglaise/francoallemande déjà mentionnée lors du test de leur scie circulaire il y a quelques mois. Au chapitre gadget, la Black+Decker, la Bosch verte et la Skil intègrent un éclairage à LED de la zone de travail : pas indispensable, mais cela peut être pratique pour travailler dans un recoin!
INTERRUPTEURS ET GAUCHERS
Les interrupteurs sont logiquement de type gâchette sur tous les modèles à poignée étrier. Bon point pour Skil, Ryobi et Bosch : le poussoir de blocage en marche est accessible des deux côtés (les gauchers apprécieront).
Sur les trois autres – AEG, Black+Decker et Stanley – le bouton est entouré d’un anneau moulé.
Ce système est gênant : impossible donc pour un gaucher de bloquer la machine en marche avec la première phalange de l’index. Seules solutions : démarrer la machine d’une main pour la reprendre de l’autre, ou maintenir en continu la gâchette serrée, ce qui peut être fastidieux sur des travaux longs.
Sur les quatre machines à champignon, l’interrupteur est à glissière et se bloque obligatoirement en marche. Prévu pour le pouce de la main droite, il est dans tous les cas accessible de l’index de la main gauche pour une utilisation gauchère, mais c’est un peu dur pour cela sur la DeWalt et franchement dur dans le cas de la Triton (pour celle-là, c’est même vrai du pouce de main droite).
Ces difficultés de tenue en main gauche sur la moitié des machines sont aussi regrettables pour les gauchers que pour les ambidextres : lors de travaux d’agencement in situ, il est très pratique de pouvoir tenir une scie sauteuse de n’importe quelle main.
Hormis le cas particulier de la Black+Decker (j’y reviendrai), toutes les machines sont équipées d’un variateur de vitesse. L’accélération de la Stanley est toutefois commandée par la gâchette, laquelle n’est ainsi verrouillable qu’à vitesse maximale: c’est absurde ! Le variateur de la Bosch verte est, comme souvent chez ce fabricant, physiquement intégré à la gâchette, mais reste indépendant de celle-ci : le seul inconvénient est qu’ainsi disposé il est difficilement accessible en marche. Pour les autres, le variateur est une molette indépendante, située sur le front des trois dernières machines à poignée étrier et à l’arrière pour celles à poignée champignon. Pour travailler les métaux et surtout certains plastiques, hormis sur les deux Bosch, la limite inférieure de la plage de cadences de coupe me semble un peu élevée (elle l’est même franchement trop pour Black+Decker)…
AUTRES FONCTIONNALITÉS
Le mouvement pendulaire a trois amplitudes (+ le zéro) sur la plupart des machines, quatre pour Skil (est-ce bien nécessaire?).
Cas particulier : la Black+Decker. Cette marque a opté pour un sélecteur à cinq positions combinant amplitude du pendulaire et cadence de frappe en fonction du type de travail envisagé: métal (vitesse lente, pas de pendulaire), plastique et bois durs (vitesse moyenne, pendulaire moyen), débit bois tendre (vitesse maximale, pendulaire maximal), bois coupe soignée (vitesse rapide, pendulaire moyen), chantournage bois (vitesse rapide, pas de pendulaire). Pourquoi pas ? Tous les bricoleurs n’ont pas besoin d’un subtil ajustement de ces paramètres ! Inconvénient: il faudra mémoriser à quoi correspondent les positions du sélecteur, qui ne comporte que des pictogrammes sans indication précise des paramètres vitesse/pendulaire de chaque position.
Autre point : pour six des machines (AEG, deux Bosch, DeWalt, Metabo et Skil), un petit levier permet d’activer une soufflerie afin de dégager la zone de travail. Et la Ryobi possède encore un bouton complémentaire : celui qui permet de libérer la lame de guidage du bois dans une coupe droite dont cette seule machine est équipée.
ERGONOMIE GÉNÉRALE
En principe vouée aux coupes sinueuses, une scie sauteuse se doit d’être aisément maniable, et de préférence confortable (une coupe chantournée prend bien plus de temps qu’une coupe droite). Je n’ai pas beaucoup aimé la matière des poignées de l’AEG et de la Black+Decker, dont les picots sont trop saillants. Les dimensions de la semelle jouent un rôle important dans la manoeuvrabilité de la machine lorsqu’elle est utilisée in situ pour des travaux d’agencement. Ainsi l’immense semelle de la Black+Decker, qui certes lui assure une bonne stabilité, ne facilitera pas le travail dans les recoins, d’autant qu’elle est très saillante à l’avant : par exemple la découpe en place d’un plan de travail butera à plus de 4 cm de la cloison. Stanley, Skil et Bosch (vert) ne brillent pas non plus en ce domaine; pour les deux dernières, ce n’est pas la semelle, mais le nez de la machine qui bute en premier, en saillie par rapport à la semelle de 6 mm pour Skil, et 12 mm pour Bosch… Est-ce là le prix à payer pour avoir un éclairage ? Toutes les autres restent nettement en deçà, la palme revenant à Metabo et Ryobi qui, avec une lame de 8 mm de large, coupent jusqu’à 16 mm de l’avant de la machine. Sur l’AEG, il est possible de reculer la semelle et de gagner ainsi à l’avant, mais dans cette position il n’est pas possible d’incliner la machine.
Latéralement, si toutes les machines sont guidables le long d’une règle plate, il faudrait aussi idéalement pouvoir les guider contre une paroi, quitte à les tenir en pince et non en poing. C’est exclu pour la Bosch verte et la Skil, dont les semelles sont plus étroites que le bloc moteur, lequel n’est pas plat.
MATÉRIELS
C’est seulement possible du côté droit chez Black+Decker, Metabo, Stanley et Triton : sur le côté gauche certains boutons de commande sont trop saillants. Sur la Stanley, la situation est cocasse: seule une infime saillie à l’extrémité du levier de pendulaire gêne! Les autres machines peuvent être guidées le long de leurs deux côtés, à condition chez AEG et DeWalt de mettre en place la semelle additionnelle en plastique fournie, sans laquelle les commandes dépassent légèrement.
LES SEMELLES
Les préréglages d’inclinaison – lorsqu’il y en a – sont échelonnés selon les cas de 22,5° en 22,5° ou de 15° en 15°. Il ne faut pas en attendre une grande précision, mais peut-on vraiment attendre de la précision d’une scie sauteuse ? Sur la Bosch bleue, la DeWalt, la Skil, il n’y a pas de crans en dehors du 0°, et seulement le 45° en plus pour Metabo. Dans tous les cas, le positionnement à des angles intermédiaires est possible, quoique délicat à ajuster (au besoin on peut utiliser une équerre ou une sauterelle). L’inclinaison de la machine requiert un outil chez Metabo, Bosch bleu (clef Allen fournie logée dans le corps ou sur le câble de la machine) et Black+Decker (vis cruciforme, et le tournevis n’est pas prévu !). Sur les autres machines, la commande se fait par levier. Ce levier est situé sous le moteur pour AEG, Ryobi, Stanley, DeWalt et Triton ; je l’ai trouvé dur et peu confortable sur ces deux dernières machines. Sur la Bosch verte et la Skil, le levier est situé sous la semelle et n’est donc (comme dans les cas où un outil est nécessaire) pas accessible si la machine est équipée de sa semelle additionnelle.
ACCESSOIRES
L’AEG, les deux Bosch, la DeWalt, la Stanley et la Triton sont livrées avec une semelle additionnelle en plastique permettant d’obtenir un appui plus stable. Triton en fournit même deux, la seconde, plus large, permettant le guidage sur un tasseau ou un rail. Le pare-éclats de l’AEG et de la Bosch bleue est prévu pour être utilisé avec cette semelle additionnelle, contrairement à ceux de Black+Decker, Bosch (verte), Metabo et Ryobi. Celui de DeWalt peut être utilisé avec et sans… et tient mal dans les deux cas ; tout comme celui de Metabo, il s’agit surtout d’un gadget qui risque fort de rester la plupart du temps dans la mallette tant qu’il n’est pas égaré. Celui de Ryobi est difficile à mettre en place et à ôter. Celui de Black+Decker est déjà monté à la livraison et j’ai eu un peu de mal à le retirer, de peur de le casser. Skil, Stanley et Triton ne fournissent pas de pare-éclats.
Pour rester au rayon des petits gadgets en plastique transparent, AEG, les deux Bosch, DeWalt et Metabo fournissent un protecteur pour l’avant de la machine, dont je ne serais là encore pas étonné qu’ils passent le plus clair de leur temps dans la mallette chez la majorité des utilisateurs.
Sauf chez Metabo puisqu’il se trouve à demeure sur la machine. À noter encore un guide destiné à suivre le tracé chez Bosch vert (installable aussi bien avec que sans la semelle additionnelle) et Ryobi (solidaire du pare-éclats).
Plus utile pour ceux qui n’ont pas de scie circulaire, les guides parallèles sont fournis de série par Bosch (vert) et Triton. La vis de maintien du guide Bosch est solidaire du guide lui-même et non de la machine. Le système requiert l’ajout d’une bride en métal, mais c’est plutôt une bonne idée : la vis ne risque pas d’être desserrée avec les vibrations lorsqu’elle n’est pas utilisée.
LAMES ET CHANGEMENT DE LAME
Toutes les scies reçoivent les lames standard à baïonnette. Mais à lame identique, la capacité n’est pour autant la même selon les machines, le collet n’étant pas à la même hauteur : en position haute de l’équipage mobile, la Triton laisse 13 mm de saillie de lame de moins que la Black+Decker! Skil conserve le désuet changement de lame par vis 6 pans creuse (clef Allen fournie). Tous les autres fabricants ont opté pour un système rapide sans outil.
L’équipage mobile est apparemment exactement le même (sortirait-il de la même chaîne de fabrication ?) chez Stanley et Black+Decker ; le changement de lame s’effectue en soulevant un anneau placé à l’avant de l’axe : c’est rapide et efficace.
Particularité de ces deux machines, la lame fait un angle de 2° avec la verticale ; c’est manifestement sans incidence sur la qualité de travail, mais peut engendrer un problème de raccord de coupes dans les angles. DeWalt propose un mécanisme très spécifique, complexe mais robuste et efficace, actionné par un levier en forme de gros clapet sur la face avant de la scie.
Les six autres fabricants ont opté pour un système de bague tournante, avec diverses variantes. Chez Triton et Metabo, la bague est solidaire d’un carter qui protège la partie haute de l’équipage mobile et en facilite la prise en main. Je ne suis pas convaincu par le système de la Bosch verte, que je sais fragile: il n’a pas changé depuis une douzaine d’années et, à l’époque, la petite bague en plastique rouge de ma scie a rapidement cassé ; sauf à bricoler, il aurait fallu changer tout l’équipage mobile, pièce qui coûtait plus de la moitié du prix de la machine.
EN MARCHE !
Sans équipement de laboratoire, il n’est guère possible de tester objectivement la qualité d’absorption des vibrations des machines. Néanmoins les mettre en marche sans lame, posées sur l’établi, à vitesse et amplitude pendulaire maximales, donne une bonne idée de ce qu’il en est. Deux aspects sont pris en compte : la vibration ressentie dans la main, et l’aptitude de la machine à rester en place si on la lâche. Deux machines surclassent nettement les autres, la Black+Decker (qui ne bouge quasiment pas si on la lâche), et la Bosch verte. La DeWalt bouge peu, mais on ressent bien les vibrations. Situation inverse pour la Bosch bleue, qui bouge plus, mais dont les vibrations sont plutôt bien amorties dans la main. L’AEG, la Ryobi et la Stanley sont stables, mais amortissent plutôt mal les vibrations. La Metabo est médiocre selon les deux aspects. Et la Skil et la Triton ferment la marche : lâchées, elles dansent sur le plan de travail et, tenues en main, elles transmettent vraiment beaucoup les vibrations. Côté niveau sonore, rien de catastrophique, rien de merveilleux non plus : toutes ces machines sont bruyantes même si la Triton est un peu moins agressive au démarrage, plus progressif. À ce propos, notons que toutes les machines s’arrêtent dans un temps raisonnable, sans différences significatives (de 2 à 4 s.)
CHANTOURNAGES
Pour effectuer des chantournages tortueux à courbes serrées, une scie sauteuse se doit d’être très maniable. Dans le cas des scies à champignon, il est plus pratique de tenir les machines d’une seule main par l’arrière du champignon, au plus près de l’axe de la lame. J’ai trouvé le gros champignon de la Bosch bleue difficile à tenir confortablement avec mes mains moyennes. Celui de la Metabo n’est pas très confortable non plus, pas tant à cause de sa taille que de sa forme trop carrée; mais sa tenue un peu plus bas, par le «col», est agréable et la petite taille de cette scie la rend plus aisée à manoeuvrer. Celui de la Triton est plus confortable, mais la machine, grosse et longue, est plus encombrante à manier; par ailleurs la forme du corps de la scie n’est pas très agréable: entre la prise par le moteur et le champignon se trouve une zone très carrée qui rompt la continuité, c’est l’un ou l’autre, pas entre les deux. La DeWalt est pour moi sans conteste la plus agréable à manier en tenue par le champignon; la main vient d’ailleurs presque naturellement du moteur au champignon en question.
L’inconvénient de la tenue par le seul champignon est qu’il faut bien contrôler l’appui. Or, les lames à chantourner sont courtes et, en travaillant rapidement et sans précautions (situation délibérément outrée pour le test), il m’est arrivé de laisser sortir involontairement la lame du trait de sciage, en particulier avec la Triton. La faible hauteur de la Metabo est ici un point fort.
Avec les machines à poignée étrier, il est plus facile de chantourner en conservant la prise normale par la poignée, la tenue se faisant moins en arrière qu’avec les machines à champignon tenues par le moteur. Dans cette situation, la Skil, plus volumineuse, est un peu moins manoeuvrable que les autres, mais cela reste peu significatif. J’ai trouvé la poignée de Stanley encombrante pour mes mains moyennes, mais j’imagine qu’au contraire les grosses paluches apprécieront ! Il est également possible de tenir les machines par l’avant, juste au-dessus de la lame. Skil, qui crée un moulage à cet endroit, l’a manifestement compris. La Ryobi a contrario n’est manifestement pas pensée pour être tenue par l’avant.
La Stanley, en forme de boule à cet emplacement, est là encore conçue pour des grosses mains. Les autres se tiennent correctement par l’avant, avec une préférence de ma part pour l’AEG et la Black+Decker, que j’ai trouvées les plus maniables; mais cela reste très subjectif.
Pour ceux qui aiment travailler par-dessous, les quatre machines à champignon sont évidemment mieux adaptées, avec une préférence pour la Metabo, moins encombrante. C’est plus délicat avec les machines à poignée étrier, mais l’AEG et la Ryobi se tiennent très bien ainsi. Les autres sont trop larges au niveau du moteur et inconfortables à cet endroit. Des mains plus grosses que les miennes seraient peut-être plus à l’aise, mais se poserait alors le problème du peu de place disponible entre moteur et gâchette.
COUPES DROITES
Le test de capacité de coupe est effectué avec pour chaque machine une lame neuve de 125 mm de longueur de coupe (Bosch T344D). La pièce de bois est un chevron de chêne bien sec de 81 x 105 mm, posé à plat (pour que la lame soit en permanence engagée sur toute la hauteur même avec les machines dont le collet est placé très haut, à commencer par la Triton). Le temps de découpe est chronométré, à deux reprises (le tableau donne une moyenne, mais il n’y a pas d’écarts significatifs entre mesures).
Sans surprise, les machines les plus haut en gamme s’en sortent le mieux avec un excellent temps de 8,5 s pour la Bosch bleue et un groupe dans un mouchoir de poche pour les trois autres machines à champignon, de 11,5 à 13 s. Avec les machines à poignée étrier, systématiquement moins performantes que les précédentes, les écarts sont considérables. La Ryobi s’en sort le mieux avec 16 s, somme toute pas très loin derrière les précédentes, suivie de la Bosch verte, de l’AEG et de la Skil; la Stanley et la Black+Decker sont ici complètement « à la ramasse », avec toutes les deux 34 s. soit exactement quatre fois le temps mis pour le même travail avec la Bosch bleue! Sur cette coupe exigeante, j’ai eu avec la Skil des soucis de fixation de lame, même en serrant très fort la vis Allen.
Mais les écarts de temps ne seraient rien pour un bricoleur peu pressé s’il n’y avait en même temps des problèmes de perpendicularité de la coupe ! Là encore pas souci avec DeWalt, Bosch bleu, Metabo et Triton. Pour les machines à étrier, c’est OK pour Skil et Stanley ; Ryobi part légèrement en travers et Black+Decker encore un peu plus ; avec l’AEG et la Bosch verte, j’ai presque obtenu des hélices ! À noter sur ce test que deux machines, la Skil et la Metabo, vibrent plus que les autres et ne sont donc pas très agréables dans ces fortes épaisseurs de bois dur ; mais le résultat reste correct.
J’ai enfin effectué un test de coupe plus soignée avec des lames plus fines (Bosch T301CD), pare-éclats retiré, sans pendulaire, en travers du parement d’un contreplaqué de 10 mm de bas de gamme (plus sujet à éclats). Une seule machine fait sensiblement plus d’éclats que ses consoeurs, la Bosch verte ; le pare-éclats est pour elle nécessaire là où les autres peuvent s’en passer. Par ailleurs la Skil, probablement pénalisée par son système de fixation de lame, exige plus d’attention pour bien suivre le tracé.
EN CONCLUSION
Deux scies sortent du lot : les plus chères. La Bosch bleue est à privilégier pour la puissance, la DeWalt pour le confort de travail. Dommage que l’une et l’autre soient trop hautes pour exploiter pleinement la longueur des lames, au contraire de la Metabo, légère et compacte. J’aurais aimé mettre cette dernière également sur le podium, mais, bien que ce ne soit pas rédhibitoire, elle reste perfectible en termes d’absorption des vibrations. Parmi les machines à poignée étrier, la Bosch verte a du mal à justifier son prix face à ses concurrentes. Quitte à dépasser la centaine d’euros, je privilégierais l’AEG. Mais la Ryobi, encore moins chère, est une concurrente très sérieuse: en fait la seule chose que j’aie à lui reprocher est qu’on ne peut pas la tenir par l’avant. Je trouve la Black+Decker encombrante pour une machine dont j’attends de la mobilité, mais elle conviendra bien à un usage polyvalent sans exigences particulières (notamment en termes de capacité de coupe). La Skil, rustique et pataude, ne me semble pas très convaincante. Enfin deux machines, la Stanley et la Triton, très volumineuses et souffrant toutes deux de diverses lacunes, ne m’ont pas du tout emballé. Au moins la Triton possède-t-elle de série une belle dotation en accessoires. Reste que ce classement est établi sans possibilité technique de tester la longévité des machines.
Les scies sauteuses sont peut-être les machines électroportatives dont il existe le plus de modèles différents. La quasi-totalité des fabricants en proposent, et les déclinent communément en plusieurs modèles de diverses puissances dont souvent, à partir du milieu de gamme, une version à poignée étrier et une à poignée champignon. Autant dire que l’exhaustivité est ici plus que jamais impossible. J’ai donc choisi de plafonner les prix aux alentours de 200 €, excluant de fait certaines marques cantonnées au très haut de gamme. J’ai également évité le bas de gamme, trop imprécis et inconfortable à l’usage. La firme Makita, bien que disposant de modèles entrant dans la fourchette de prix retenue, n’a pas répondu à nos sollicitations, laissant la place libre pour une marque que je n’avais jamais testée en électroportatif: Stanley.
Le panel rassemble au final:
- un groupe de quatre machines commercialisées aux alentours de 90 à 100 € : Skil, Stanley,
Black+Decker et Ryobi;
- une aux alentours de 130 € : AEG;
- trois machines aux alentours de 160 € : Bosch gamme verte,
Metabo et Triton;
- deux aux alentours de 200 € : DeWalt et Bosch gamme bleue.
Remarque : quatre d’entre elles sont à poignée champignon : Bosch bleue, DeWalt, Metabo et Triton.
ÉLECTRICITÉ
Les puissances des machines de notre panel, échelonnées de 620 à 780 Watts, sont plutôt élevées (il existe beaucoup de scies sauteuses de moins de 500 W), mais c’est justifié. Il s’agit toutefois des puissances « absorbées », la majorité des constructeurs ne communiquant pas sur la puissance «restituée» (et donc sur le rendement de la machine !). De fait, comme nous le verrons plus loin, les tests pratiques montrent des écarts considérables de capacité entre les machines, manifestement peu liés à la puissance absorbée annoncée. Notons toutefois que les quatre machines à poignée champignon ont toutes une puissance supérieure à 700 Watts. Quatre des machines (Black+Decker, Bosch verte, Ryobi, Skil) ont un câble de longueur inférieure à 3 m : c’est insuffisant, particulièrement chez Black+Decker qui dépasse à peine 2 m ! Chose peu étonnante, ce câble est de moindre qualité pour les machines les plus grand public (Black+Decker, Bosch verte, Ryobi et Skil). À ce prix-là, Bosch (vert) pourrait faire un effort : le câble de la Stanley, beaucoup moins chère, est de meilleure qualité ! La Triton est équipée de la prise mixte anglaise/francoallemande déjà mentionnée lors du test de leur scie circulaire il y a quelques mois. Au chapitre gadget, la Black+Decker, la Bosch verte et la Skil intègrent un éclairage à LED de la zone de travail : pas indispensable, mais cela peut être pratique pour travailler dans un recoin!
INTERRUPTEURS ET GAUCHERS
Les interrupteurs sont logiquement de type gâchette sur tous les modèles à poignée étrier. Bon point pour Skil, Ryobi et Bosch : le poussoir de blocage en marche est accessible des deux côtés (les gauchers apprécieront).
Sur les trois autres – AEG, Black+Decker et Stanley – le bouton est entouré d’un anneau moulé.
Ce système est gênant : impossible donc pour un gaucher de bloquer la machine en marche avec la première phalange de l’index. Seules solutions : démarrer la machine d’une main pour la reprendre de l’autre, ou maintenir en continu la gâchette serrée, ce qui peut être fastidieux sur des travaux longs.
Sur les quatre machines à champignon, l’interrupteur est à glissière et se bloque obligatoirement en marche. Prévu pour le pouce de la main droite, il est dans tous les cas accessible de l’index de la main gauche pour une utilisation gauchère, mais c’est un peu dur pour cela sur la DeWalt et franchement dur dans le cas de la Triton (pour celle-là, c’est même vrai du pouce de main droite).
Ces difficultés de tenue en main gauche sur la moitié des machines sont aussi regrettables pour les gauchers que pour les ambidextres : lors de travaux d’agencement in situ, il est très pratique de pouvoir tenir une scie sauteuse de n’importe quelle main.
Hormis le cas particulier de la Black+Decker (j’y reviendrai), toutes les machines sont équipées d’un variateur de vitesse. L’accélération de la Stanley est toutefois commandée par la gâchette, laquelle n’est ainsi verrouillable qu’à vitesse maximale: c’est absurde ! Le variateur de la Bosch verte est, comme souvent chez ce fabricant, physiquement intégré à la gâchette, mais reste indépendant de celle-ci : le seul inconvénient est qu’ainsi disposé il est difficilement accessible en marche. Pour les autres, le variateur est une molette indépendante, située sur le front des trois dernières machines à poignée étrier et à l’arrière pour celles à poignée champignon. Pour travailler les métaux et surtout certains plastiques, hormis sur les deux Bosch, la limite inférieure de la plage de cadences de coupe me semble un peu élevée (elle l’est même franchement trop pour Black+Decker)…
AUTRES FONCTIONNALITÉS
Le mouvement pendulaire a trois amplitudes (+ le zéro) sur la plupart des machines, quatre pour Skil (est-ce bien nécessaire?).
Cas particulier : la Black+Decker. Cette marque a opté pour un sélecteur à cinq positions combinant amplitude du pendulaire et cadence de frappe en fonction du type de travail envisagé: métal (vitesse lente, pas de pendulaire), plastique et bois durs (vitesse moyenne, pendulaire moyen), débit bois tendre (vitesse maximale, pendulaire maximal), bois coupe soignée (vitesse rapide, pendulaire moyen), chantournage bois (vitesse rapide, pas de pendulaire). Pourquoi pas ? Tous les bricoleurs n’ont pas besoin d’un subtil ajustement de ces paramètres ! Inconvénient: il faudra mémoriser à quoi correspondent les positions du sélecteur, qui ne comporte que des pictogrammes sans indication précise des paramètres vitesse/pendulaire de chaque position.
Autre point : pour six des machines (AEG, deux Bosch, DeWalt, Metabo et Skil), un petit levier permet d’activer une soufflerie afin de dégager la zone de travail. Et la Ryobi possède encore un bouton complémentaire : celui qui permet de libérer la lame de guidage du bois dans une coupe droite dont cette seule machine est équipée.
ERGONOMIE GÉNÉRALE
En principe vouée aux coupes sinueuses, une scie sauteuse se doit d’être aisément maniable, et de préférence confortable (une coupe chantournée prend bien plus de temps qu’une coupe droite). Je n’ai pas beaucoup aimé la matière des poignées de l’AEG et de la Black+Decker, dont les picots sont trop saillants. Les dimensions de la semelle jouent un rôle important dans la manoeuvrabilité de la machine lorsqu’elle est utilisée in situ pour des travaux d’agencement. Ainsi l’immense semelle de la Black+Decker, qui certes lui assure une bonne stabilité, ne facilitera pas le travail dans les recoins, d’autant qu’elle est très saillante à l’avant : par exemple la découpe en place d’un plan de travail butera à plus de 4 cm de la cloison. Stanley, Skil et Bosch (vert) ne brillent pas non plus en ce domaine; pour les deux dernières, ce n’est pas la semelle, mais le nez de la machine qui bute en premier, en saillie par rapport à la semelle de 6 mm pour Skil, et 12 mm pour Bosch… Est-ce là le prix à payer pour avoir un éclairage ? Toutes les autres restent nettement en deçà, la palme revenant à Metabo et Ryobi qui, avec une lame de 8 mm de large, coupent jusqu’à 16 mm de l’avant de la machine. Sur l’AEG, il est possible de reculer la semelle et de gagner ainsi à l’avant, mais dans cette position il n’est pas possible d’incliner la machine.
Latéralement, si toutes les machines sont guidables le long d’une règle plate, il faudrait aussi idéalement pouvoir les guider contre une paroi, quitte à les tenir en pince et non en poing. C’est exclu pour la Bosch verte et la Skil, dont les semelles sont plus étroites que le bloc moteur, lequel n’est pas plat.
MATÉRIELS
C’est seulement possible du côté droit chez Black+Decker, Metabo, Stanley et Triton : sur le côté gauche certains boutons de commande sont trop saillants. Sur la Stanley, la situation est cocasse: seule une infime saillie à l’extrémité du levier de pendulaire gêne! Les autres machines peuvent être guidées le long de leurs deux côtés, à condition chez AEG et DeWalt de mettre en place la semelle additionnelle en plastique fournie, sans laquelle les commandes dépassent légèrement.
LES SEMELLES
Les préréglages d’inclinaison – lorsqu’il y en a – sont échelonnés selon les cas de 22,5° en 22,5° ou de 15° en 15°. Il ne faut pas en attendre une grande précision, mais peut-on vraiment attendre de la précision d’une scie sauteuse ? Sur la Bosch bleue, la DeWalt, la Skil, il n’y a pas de crans en dehors du 0°, et seulement le 45° en plus pour Metabo. Dans tous les cas, le positionnement à des angles intermédiaires est possible, quoique délicat à ajuster (au besoin on peut utiliser une équerre ou une sauterelle). L’inclinaison de la machine requiert un outil chez Metabo, Bosch bleu (clef Allen fournie logée dans le corps ou sur le câble de la machine) et Black+Decker (vis cruciforme, et le tournevis n’est pas prévu !). Sur les autres machines, la commande se fait par levier. Ce levier est situé sous le moteur pour AEG, Ryobi, Stanley, DeWalt et Triton ; je l’ai trouvé dur et peu confortable sur ces deux dernières machines. Sur la Bosch verte et la Skil, le levier est situé sous la semelle et n’est donc (comme dans les cas où un outil est nécessaire) pas accessible si la machine est équipée de sa semelle additionnelle.
ACCESSOIRES
L’AEG, les deux Bosch, la DeWalt, la Stanley et la Triton sont livrées avec une semelle additionnelle en plastique permettant d’obtenir un appui plus stable. Triton en fournit même deux, la seconde, plus large, permettant le guidage sur un tasseau ou un rail. Le pare-éclats de l’AEG et de la Bosch bleue est prévu pour être utilisé avec cette semelle additionnelle, contrairement à ceux de Black+Decker, Bosch (verte), Metabo et Ryobi. Celui de DeWalt peut être utilisé avec et sans… et tient mal dans les deux cas ; tout comme celui de Metabo, il s’agit surtout d’un gadget qui risque fort de rester la plupart du temps dans la mallette tant qu’il n’est pas égaré. Celui de Ryobi est difficile à mettre en place et à ôter. Celui de Black+Decker est déjà monté à la livraison et j’ai eu un peu de mal à le retirer, de peur de le casser. Skil, Stanley et Triton ne fournissent pas de pare-éclats.
Pour rester au rayon des petits gadgets en plastique transparent, AEG, les deux Bosch, DeWalt et Metabo fournissent un protecteur pour l’avant de la machine, dont je ne serais là encore pas étonné qu’ils passent le plus clair de leur temps dans la mallette chez la majorité des utilisateurs.
Sauf chez Metabo puisqu’il se trouve à demeure sur la machine. À noter encore un guide destiné à suivre le tracé chez Bosch vert (installable aussi bien avec que sans la semelle additionnelle) et Ryobi (solidaire du pare-éclats).
Plus utile pour ceux qui n’ont pas de scie circulaire, les guides parallèles sont fournis de série par Bosch (vert) et Triton. La vis de maintien du guide Bosch est solidaire du guide lui-même et non de la machine. Le système requiert l’ajout d’une bride en métal, mais c’est plutôt une bonne idée : la vis ne risque pas d’être desserrée avec les vibrations lorsqu’elle n’est pas utilisée.
LAMES ET CHANGEMENT DE LAME
Toutes les scies reçoivent les lames standard à baïonnette. Mais à lame identique, la capacité n’est pour autant la même selon les machines, le collet n’étant pas à la même hauteur : en position haute de l’équipage mobile, la Triton laisse 13 mm de saillie de lame de moins que la Black+Decker! Skil conserve le désuet changement de lame par vis 6 pans creuse (clef Allen fournie). Tous les autres fabricants ont opté pour un système rapide sans outil.
L’équipage mobile est apparemment exactement le même (sortirait-il de la même chaîne de fabrication ?) chez Stanley et Black+Decker ; le changement de lame s’effectue en soulevant un anneau placé à l’avant de l’axe : c’est rapide et efficace.
Particularité de ces deux machines, la lame fait un angle de 2° avec la verticale ; c’est manifestement sans incidence sur la qualité de travail, mais peut engendrer un problème de raccord de coupes dans les angles. DeWalt propose un mécanisme très spécifique, complexe mais robuste et efficace, actionné par un levier en forme de gros clapet sur la face avant de la scie.
Les six autres fabricants ont opté pour un système de bague tournante, avec diverses variantes. Chez Triton et Metabo, la bague est solidaire d’un carter qui protège la partie haute de l’équipage mobile et en facilite la prise en main. Je ne suis pas convaincu par le système de la Bosch verte, que je sais fragile: il n’a pas changé depuis une douzaine d’années et, à l’époque, la petite bague en plastique rouge de ma scie a rapidement cassé ; sauf à bricoler, il aurait fallu changer tout l’équipage mobile, pièce qui coûtait plus de la moitié du prix de la machine.
EN MARCHE !
Sans équipement de laboratoire, il n’est guère possible de tester objectivement la qualité d’absorption des vibrations des machines. Néanmoins les mettre en marche sans lame, posées sur l’établi, à vitesse et amplitude pendulaire maximales, donne une bonne idée de ce qu’il en est. Deux aspects sont pris en compte : la vibration ressentie dans la main, et l’aptitude de la machine à rester en place si on la lâche. Deux machines surclassent nettement les autres, la Black+Decker (qui ne bouge quasiment pas si on la lâche), et la Bosch verte. La DeWalt bouge peu, mais on ressent bien les vibrations. Situation inverse pour la Bosch bleue, qui bouge plus, mais dont les vibrations sont plutôt bien amorties dans la main. L’AEG, la Ryobi et la Stanley sont stables, mais amortissent plutôt mal les vibrations. La Metabo est médiocre selon les deux aspects. Et la Skil et la Triton ferment la marche : lâchées, elles dansent sur le plan de travail et, tenues en main, elles transmettent vraiment beaucoup les vibrations. Côté niveau sonore, rien de catastrophique, rien de merveilleux non plus : toutes ces machines sont bruyantes même si la Triton est un peu moins agressive au démarrage, plus progressif. À ce propos, notons que toutes les machines s’arrêtent dans un temps raisonnable, sans différences significatives (de 2 à 4 s.)
CHANTOURNAGES
Pour effectuer des chantournages tortueux à courbes serrées, une scie sauteuse se doit d’être très maniable. Dans le cas des scies à champignon, il est plus pratique de tenir les machines d’une seule main par l’arrière du champignon, au plus près de l’axe de la lame. J’ai trouvé le gros champignon de la Bosch bleue difficile à tenir confortablement avec mes mains moyennes. Celui de la Metabo n’est pas très confortable non plus, pas tant à cause de sa taille que de sa forme trop carrée; mais sa tenue un peu plus bas, par le «col», est agréable et la petite taille de cette scie la rend plus aisée à manoeuvrer. Celui de la Triton est plus confortable, mais la machine, grosse et longue, est plus encombrante à manier; par ailleurs la forme du corps de la scie n’est pas très agréable: entre la prise par le moteur et le champignon se trouve une zone très carrée qui rompt la continuité, c’est l’un ou l’autre, pas entre les deux. La DeWalt est pour moi sans conteste la plus agréable à manier en tenue par le champignon; la main vient d’ailleurs presque naturellement du moteur au champignon en question.
L’inconvénient de la tenue par le seul champignon est qu’il faut bien contrôler l’appui. Or, les lames à chantourner sont courtes et, en travaillant rapidement et sans précautions (situation délibérément outrée pour le test), il m’est arrivé de laisser sortir involontairement la lame du trait de sciage, en particulier avec la Triton. La faible hauteur de la Metabo est ici un point fort.
Avec les machines à poignée étrier, il est plus facile de chantourner en conservant la prise normale par la poignée, la tenue se faisant moins en arrière qu’avec les machines à champignon tenues par le moteur. Dans cette situation, la Skil, plus volumineuse, est un peu moins manoeuvrable que les autres, mais cela reste peu significatif. J’ai trouvé la poignée de Stanley encombrante pour mes mains moyennes, mais j’imagine qu’au contraire les grosses paluches apprécieront ! Il est également possible de tenir les machines par l’avant, juste au-dessus de la lame. Skil, qui crée un moulage à cet endroit, l’a manifestement compris. La Ryobi a contrario n’est manifestement pas pensée pour être tenue par l’avant.
La Stanley, en forme de boule à cet emplacement, est là encore conçue pour des grosses mains. Les autres se tiennent correctement par l’avant, avec une préférence de ma part pour l’AEG et la Black+Decker, que j’ai trouvées les plus maniables; mais cela reste très subjectif.
Pour ceux qui aiment travailler par-dessous, les quatre machines à champignon sont évidemment mieux adaptées, avec une préférence pour la Metabo, moins encombrante. C’est plus délicat avec les machines à poignée étrier, mais l’AEG et la Ryobi se tiennent très bien ainsi. Les autres sont trop larges au niveau du moteur et inconfortables à cet endroit. Des mains plus grosses que les miennes seraient peut-être plus à l’aise, mais se poserait alors le problème du peu de place disponible entre moteur et gâchette.
COUPES DROITES
Le test de capacité de coupe est effectué avec pour chaque machine une lame neuve de 125 mm de longueur de coupe (Bosch T344D). La pièce de bois est un chevron de chêne bien sec de 81 x 105 mm, posé à plat (pour que la lame soit en permanence engagée sur toute la hauteur même avec les machines dont le collet est placé très haut, à commencer par la Triton). Le temps de découpe est chronométré, à deux reprises (le tableau donne une moyenne, mais il n’y a pas d’écarts significatifs entre mesures).
Sans surprise, les machines les plus haut en gamme s’en sortent le mieux avec un excellent temps de 8,5 s pour la Bosch bleue et un groupe dans un mouchoir de poche pour les trois autres machines à champignon, de 11,5 à 13 s. Avec les machines à poignée étrier, systématiquement moins performantes que les précédentes, les écarts sont considérables. La Ryobi s’en sort le mieux avec 16 s, somme toute pas très loin derrière les précédentes, suivie de la Bosch verte, de l’AEG et de la Skil; la Stanley et la Black+Decker sont ici complètement « à la ramasse », avec toutes les deux 34 s. soit exactement quatre fois le temps mis pour le même travail avec la Bosch bleue! Sur cette coupe exigeante, j’ai eu avec la Skil des soucis de fixation de lame, même en serrant très fort la vis Allen.
Mais les écarts de temps ne seraient rien pour un bricoleur peu pressé s’il n’y avait en même temps des problèmes de perpendicularité de la coupe ! Là encore pas souci avec DeWalt, Bosch bleu, Metabo et Triton. Pour les machines à étrier, c’est OK pour Skil et Stanley ; Ryobi part légèrement en travers et Black+Decker encore un peu plus ; avec l’AEG et la Bosch verte, j’ai presque obtenu des hélices ! À noter sur ce test que deux machines, la Skil et la Metabo, vibrent plus que les autres et ne sont donc pas très agréables dans ces fortes épaisseurs de bois dur ; mais le résultat reste correct.
J’ai enfin effectué un test de coupe plus soignée avec des lames plus fines (Bosch T301CD), pare-éclats retiré, sans pendulaire, en travers du parement d’un contreplaqué de 10 mm de bas de gamme (plus sujet à éclats). Une seule machine fait sensiblement plus d’éclats que ses consoeurs, la Bosch verte ; le pare-éclats est pour elle nécessaire là où les autres peuvent s’en passer. Par ailleurs la Skil, probablement pénalisée par son système de fixation de lame, exige plus d’attention pour bien suivre le tracé.
EN CONCLUSION
Deux scies sortent du lot : les plus chères. La Bosch bleue est à privilégier pour la puissance, la DeWalt pour le confort de travail. Dommage que l’une et l’autre soient trop hautes pour exploiter pleinement la longueur des lames, au contraire de la Metabo, légère et compacte. J’aurais aimé mettre cette dernière également sur le podium, mais, bien que ce ne soit pas rédhibitoire, elle reste perfectible en termes d’absorption des vibrations. Parmi les machines à poignée étrier, la Bosch verte a du mal à justifier son prix face à ses concurrentes. Quitte à dépasser la centaine d’euros, je privilégierais l’AEG. Mais la Ryobi, encore moins chère, est une concurrente très sérieuse: en fait la seule chose que j’aie à lui reprocher est qu’on ne peut pas la tenir par l’avant. Je trouve la Black+Decker encombrante pour une machine dont j’attends de la mobilité, mais elle conviendra bien à un usage polyvalent sans exigences particulières (notamment en termes de capacité de coupe). La Skil, rustique et pataude, ne me semble pas très convaincante. Enfin deux machines, la Stanley et la Triton, très volumineuses et souffrant toutes deux de diverses lacunes, ne m’ont pas du tout emballé. Au moins la Triton possède-t-elle de série une belle dotation en accessoires. Reste que ce classement est établi sans possibilité technique de tester la longévité des machines.

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